Berlin est un musée à ciel ouvert.
Un jour, en parlant avec quelqu’un, il a utilisé l’expression “une orgie de culture”. Je la trouve surprenante, elle me choque même, mais ceci ne la rend pas moins vraie.
La 1ère fois que je suis allée à Berlin cela a été pour fêter les 20 ans de la Chute du Mur.
Pour moi, c’était symbolique, et important.
Je suis ravie d’avoir découvert cette ville si riche en histoire,qui malgré une partie sombre de l’histoire est tournée vers le futur.
Ce qui m’a le plus impressionné, est d’avoir entendu dans les 2 discours comme du regret. Ils n’ont pas su me dire pourquoi, je n’ai pas insisté non plus.
A la question « C’est une belle ville ? », je n’ai pas eu un franc « Oui », ni un franc « Non » d’ailleurs. Cela m’a laissé perplexe.
Mais poursuivons. J’y suis allée, et j’ai adorée !
C’est un drôle de mélange. Ville ancienne et ville moderne. Ville qui en elle toute seule reflète l’histoire allemande.
Il y a d’abord le Reichstag.
Un symbole de l’Allemagne a lui tout seul.
Bref retour vers le passé.
Je connais des gens qui l’ont visité du temps du « Mur ». Je pense à 2 personnes en particulier : l’une de l’Est, l’autre de l’Ouest. Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais vus. Aucun des 2 n’y était allé après la réunification (avant que j’y aille en 2009).
Avant d’y aller en 2009, je les ai un peu sondées. J’étais curieuse. Chacun m’a raconté son séjour, différent. Chacun a vu des choses, des places, monuments que l’autre n’avait pas vu. Forcément.
Le Reichstag marque la création de la Première République allemande début du XXème siècle.
Plus tard en 1933, Hitler l’utilisera en l’incendiant et accusant les communistes de l’avoir fait, ce qui va réconforter sa montée au pouvoir.
Pendant la guerre froide, le mur divisant Berlin passera par là, juste derrière.
Une anecdote non anodine..
Peu avant la chute du mur, lors d’un concert des Pink Floyd en 1988, un mini accident diplomatique a eu lieu sur l’esplanade devant le Reichstag (côté ouest).
A cette époque toute musique de ce genre était interdite, considérée comme trop capitaliste.
Malgré les mises en garde, interdictions et tentatives de la Stasi (la police secrète est allemande) d’annuler le concert, le groupe Pink Floyd s’y est produit.
Et non seulement!
Mais il a délibérément tourné ses enceintes vers la partie est. Probablement pour afficher sa solidarité et faire profiter les habitants de l’autre côté du mur, ou pour manifester son désaccord à l’égard de cette situation politique, ou tout simplement pour désobéir. Je l’ignore. Mais quelle qu’elle en soit la raison, cette anecdote est restée dans l’histoire. Elle m’ beaucoup touchée.
Le Reichstag toujours, est devenu le symbole de la réunification allemande en 1990, et aujourd’hui c’est ici que siège le Parlement.
De nos jours, le palais est signe de modernité. Il offre une vue magnifique qui donne sur le Tiegarten. La coupole a été reconstruite par Norman Foster. Sa montée est en spirale, aérée.
Berlin et la sombre partie de l’histoire.
Je trouve que Berlin est une ville “positive”. Malgré cela, j’ai été surprise de sentir son passé douloureux. Plus que ça, il est affiché, comme si on disait au monde entier “Oui, on le sait, on regrette, mais c’est un fait”.
2 monuments m’ont le plus impressionné.
En plein centre de Berlin, non loin de la porte de Brandebourg, est érigé un cimetière abstrait : un labyrinthe fait de stèles en béton.
Lorsqu’on approche, le regard erre sur une mer en béton. En réalité, ces blocs sont tous de différente taille, mais puisque l’endroit où ils sont posés est comme une cuve, cela donne l’impression qu’ils sont tous les même.
Je suis entrée, et je me suis baladée. Je me suis même “perdue”. L’atmosphère est lourde. Ce monument est le Mémorial aux juifsassassinés d’Europe. Et l’endroit où il a été construit est un ancien “No man’s land” entre les 2 murs de l’époque de la Guerre Froide.
Plus léger, même s’il porte sur le même sujet, le Musée Juif de Daniel Libeskind m’a véritablement marqué! Il ne faut pas croire que le sujet est pris à la légère. Mais j’ai trouvé qu’on a su jouer sur les sentiments.
L’idée est envoûtante, tout est basé sur les émotions du visiteur. Je n’en dirai pas plus, parce que je pense que les émotions sont propres à chacun.
Moi, j’ai trouvé que le message était optimiste, tourné vers le futur. Je recommande chaleureusement une visite!
Pour revenir à mon début…
Je comprends mieux aujourd’hui la réponse des 2 personnes que j’avais interrogé avant ma 1ère visite. La ville était séparée en 2 pendant plus de 30 ans, et même si elle a été organisée au fil du temps comme 2 entités distinctes, il devait manquer quelque chose, une âme peut être. Et ma question ne pouvait pas obtenir une réponse « complète ».
Berlin ne bénéficie certes pas d’un climat clément comme les villes espagnoles et italiennes, ni est romantique comme Paris, ou Vienne (à sa façon), mais c’est incontestablement une ville qui vaut le détour.
Rendez y, et vous ne serez pas déçus. Et moi, je vous raconterez mon prochain voyage.

Horloge universelle – Alexanderplatz Berlin








